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Voeux 2026
Vœux 2026 : Colère, humiliation… et une issue — être bons les uns avec les autres
Mes chers amis,
Je ne vais pas vous écrire une carte postale. Pas cette année. Pas maintenant. Nous sommes au seuil de la tempête et l’étau se resserre.
La tempête dont nous parlions les années précédentes n’est plus une menace lointaine. Elle est là. Elle a grandi, enflé, et elle frappe désormais avec une violence systémique qui ébranle nos certitudes les plus ancrées. L’isolement stratégique de la France est désormais une réalité tangible, aggravée par un environnement naturel devenu hostile et une subversion intérieure méthodique.
I. La tempête parfaite : elle est là, et elle grandit
1.1 La Géopolitique de la Prédation : la fin des alliances, le retour des loups
Le premier constat de ce début d’année 2026 est l’effondrement de la solidarité occidentale telle que nous l’avons connue depuis 1945. Si la Chine et la Russie demeurent des adversaires systémiques, engagés dans une guerre hybride contre nos démocraties, la mutation de la posture américaine constitue le choc stratégique majeur de cette période.
Le cas du Groenland : symptôme d’un monde sans amis
L’actualité récente autour du Groenland illustre de manière spectaculaire ce basculement. L’administration Trump, réinstallée ou poursuivant son influence idéologique, a réactivé avec une agressivité inédite son projet d’acquisition du Groenland. Ce qui avait pu passer pour une boutade en 2019 est devenu, en 2026, une doctrine de sécurité nationale.
L’argumentaire américain est sans appel : le contrôle de l’Arctique est une « nécessité absolue » face à la Russie et à la Chine. Mais la méthode employée relève de la prédation pure. En traitant un territoire autonome, lié à la couronne danoise — et donc à l’Union Européenne — comme un simple actif immobilier ou une base militaire à annexer, les États-Unis brisent le tabou de l’intégrité territoriale entre alliés.
- L’alliance comme marché : pour Washington, il n’y a plus d’alliés, seulement des vassaux ou des cibles.
- L’isolement français : attaquée de toutes parts, la France revient à une logique de puissance brute où le droit s’efface devant le rapport de force.
Ce dossier du Groenland n’est pas anecdotique. Il est le signal que dans la tempête qui vient, nous ne pourrons compter sur aucune aide extérieure bienveillante. La protection américaine est devenue un racket, et l’Europe, divisée, peine à formuler une réponse commune face à cette humiliation diplomatique.
1.2 Le dérèglement climatique : l’accélération brutale de 2025
Si la géopolitique nous isole, le climat nous assiège. L’année 2025 a marqué un point de bascule. Les rapports de Météo France et des organismes de surveillance climatique sont formels : nous ne sommes plus dans la prévision, mais dans la gestion de catastrophe permanente.
Bilan d’une année de dévastation
L’année 2025 se classe, selon les dernières données consolidées, au 3e ou 4e rang des années les plus chaudes jamais enregistrées en France. Mais au-delà de la moyenne thermique, c’est la violence des phénomènes qui marque les esprits et les territoires.
- L’eau et le feu : alternance destructrice entre précipitations diluviennes et sécheresse agressive sur une large partie du territoire.
- Les tempêtes : épisodes extrêmes causant des dégâts considérables aux infrastructures.
| Indicateur Climatique 2025 | Donnée observée | Impact sociétal |
|---|---|---|
| Température moyenne | +1,06°C / normale 1991-2020 | Stress thermique, surmortalité estivale, adaptation forcée des modes de vie. |
| Sécheresse des sols | 30% du territoire touché (mai-août) | Pertes agricoles, conflits d’usage de l’eau, fragilisation des bâtis. |
| Événements extrêmes | Tempêtes (dont Caetano), inondations | Dégâts d’infrastructure, coût assurantiel, sentiment de vulnérabilité. |
| Agriculture | Crises sanitaires (DNC) et climatiques | Détresse paysanne, plans d’urgence (janvier 2026). |
L’agriculture française, pilier de notre souveraineté, est à genoux. Les annonces gouvernementales de janvier 2026 témoignent d’un système à bout de souffle. La nature elle-même semble s’être liguée contre la stabilité du pays, créant un sentiment d’insécurité physique immédiat.
1.3 L’ennemi de l’intérieur : la trahison des clercs et la subversion
Pourtant, le péril le plus mortel n’est ni la tempête venue de l’Atlantique, ni celle venue du ciel. Il est en nous. La France de 2026 est un corps dont les défenses immunitaires se sont retournées contre lui-même par une alliance objective entre des ennemis extérieurs et des complices intérieurs.
La convergence des haines
Le rapport d’activité 2024 de VIGINUM décrit un tableau effrayant : la France est la cible d’une guerre cognitive totale.
- L’islamisme et le « nez rouge » : exploitation des failles du système démocratique et instrumentalisation des tensions.
- Les « faux patriotes » et la propagande russe : diffusion de récits alternatifs visant à fracturer la cohésion nationale.
- Exemples : psychose des punaises de lit (2023) et taggages d’étoiles de David à Paris amplifiés par des réseaux hostiles.
Le ridicule ne tue pas, la honte non plus. La trahison s’affiche désormais au grand jour, drapée dans la vertu de la « ré-information ».
II. Le spectacle affligeant de l’effondrement politique
Pendant que la tempête gronde aux frontières et dans le ciel, nous sommes condamnés à regarder le spectacle affligeant de notre politique intérieure. En ce début d’année 2026, la France offre au monde l’image d’un pays ingouvernable.
2.1 L’absence de budget 2026 : la faillite de l’intérêt général
Le fait politique majeur, historique par sa gravité, est l’absence de budget voté pour 2026. La France est entrée en 2026 sous le régime humiliant de la « loi spéciale ».
- Le gouvernement n’a l’autorisation que de prélever les impôts existants.
- Les dépenses sont limitées aux « services votés » de l’année précédente.
- Gestion au jour le jour : survie administrative sans cap, sans projet.
Cette situation n’est pas un accident technique : elle est le résultat direct de l’intransigeance des partis. Chaque groupe préfère le blocage du pays à la moindre concession.
La société TPMG (« Tout Pour Ma Gueule ») : dans l’attente de la disette budgétaire, chacun cherche à dépenser avant la clôture, creusant un déficit déjà hors de contrôle. Personne ne supervise plus rien.
2.2 L’histoire comme miroir : Armagnacs et Bourguignons (1407-1435)
Au début du XVe siècle, au lieu de s’unir face au péril extérieur, les factions se livrèrent une guerre pour le contrôle du trésor et des impôts. En 1418, Paris bascula : dénonciations, pillages, massacres. La haine politique devint plus forte que l’amour du pays.
Aujourd’hui, nous ne nous égorgeons pas encore dans les rues. Mais la mécanique de polarisation, où l’adversaire devient un ennemi à abattre, est un prélude à la violence.
2.3 Le prélude aux migraines futures
Sans budget, sans investissement stratégique : l’arrêt de tout ce qui prépare l’avenir. Ceux qui organisent ce désastre trouveront toujours une excuse. Et lorsque le système craquera, ils auront déjà préparé leur sortie.
III. La tentation de l’abîme : quand la colère prend le pouvoir
Vous vouliez qu’on vous écoute ? Vous vouliez être pris en compte ? Je vous rassure : cela va être le cas. Mais pas forcément de manière démocratique et apaisée. Le vide ne restera pas vide longtemps.
3.1 Le temps des aventuriers
Ils arrivent avec des phrases prémâchées, des solutions miracles, des ennemis tout désignés. Le simplisme absolu : « y’a qu’à », « faut qu’on ».
3.2 La foule en colère : une arme de destruction massive
La Grande Peur de 1789, la Terreur, l’Exode de 1940 : l’histoire enseigne qu’une foule manipulée est capable du pire. Avec les réseaux sociaux, une « Grande Peur » numérique peut embraser le pays en quelques heures.
Dans ces moments, la première résistance n’est pas militaire : elle est morale.
Refuser de haïr son voisin. Refuser de jouir de l’humiliation de l’autre camp.
IV. L’alternative de la bonté : seule voie de salut
Pourtant, il existe une alternative. Face à la tempête géopolitique, climatique et politique, la seule attitude possible est de nous entraider, de faire preuve de compassion, de fraternité — mais aussi de force et de résilience :
NOUS DEVONS ÊTRE BONS LES UNS AVEC LES AUTRES.
4.1 Définir la bonté : ce n’est pas la faiblesse
« Bon » ne veut pas dire « con ». La bonté n’est pas la naïveté. Elle exige une force de caractère.
- La loi et l’ordre : punir dans le cadre strict de la justice, pas par la vengeance.
- La force de corps : protéger le faible exige d’être fort ; une société bonne fait bloc.
- L’exigence de réciprocité : la bonté n’est pas la soumission ; elle exige la fiabilité en retour.
4.2 La solidarité comme facteur d’évolution : Kropotkine
Les groupes qui survivent le mieux ne sont pas les plus agressifs, mais ceux qui coopèrent le plus efficacement. Dans la tempête, l’isolement (TPMG) broie ; l’entraide sauve.
4.3 Preuves historiques de la résilience par la bonté
- Peste noire (1348) : le lien social, les confréries, le ravitaillement, la reconstruction.
- Henri IV (1598) : la réconciliation contre les fanatiques, la paix tenue par la volonté.
- Simone Weil (1943) : l’obligation envers l’être humain comme base de la reconstruction.
C’est le moment. C’est à vous.
Je vous propose donc pour 2026 une résolution exigeante : choisissez la force, la solidarité et l’entraide. Le chemin de la bonté est frustrant, mais c’est le plus sûr pour sauver la France et notre dignité d’hommes et de femmes libres.
Ne comptez pas sur l’État Providence. Ne comptez pas sur les « hommes providentiels ». Comptez sur vous-mêmes. Comptez sur vos voisins.
C’est le moment de se lever et d’assurer la relève, car personne ne le fera à votre place.
Jérôme Moreels
Président de l’Alliance Bleu et Rouge
https://www.alliancebleuetrouge.fr/de-la-colere-a-laction/
jerome.moreels@alliancebleuetrouge.fr